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reunion SNGC-IDF du 08 septembre 2003

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SECTION FRANCILIENNE DU S.N.G.C.

 

COMPTE-RENDU DE LA REUNION DU LUNDI 8 SEPTEMBRE 2003

 

Etaient présents :

Corinne ATTAR-CHICHE, Brigitte ATTIACH, Laure BODENAN, Linda BENATTAR, Laurence CHAHBENDERIAN, Didier CHAUVIN, Pierre DEBLOIS, Magali GUICHARDON, Olivier JEANJEAN, Muriel KLAHR-ELFASSI, Anne KONRAT, Jean-Claude MALBEC, Hélène PITTI-FERRANDI, Danièle NOIRARD, Anne-Marie PONCHE, Serge REINGEWIRTZ

Excusés : Philippe BABADJIAN, Anne BUSSONE, Fabienne DUBUISSON, Nicole GUINOISEAU,  Florence MEYER

 

Invité : Emmanuel HIRSCH, directeur de l'Espace éthique, professeur d'éthique médicale à la Faculté de médecine Paris-Sud.

 

Ordre du jour

 

 

1)     La canicule : constat et pistes de réflexions et d'actions

 

La situation du secteur médico-social avec le blocage des signatures des conventions tripartites et l'absence de financement pour un personnel soignant qualifié dans les établissements d'hébergement  avait été dénoncée lors de notre précédente réunion. La décision d'inviter Emmanuel Hirsch  pour nous aider dans la réflexion en vue d'une action avait alors été prise et s'avère prémonitoire.

Les gériatres travaillant dans ce secteur n'ont cessé de réclamer une prise en compte des besoins spécifiques de la population hébergée, or la catastrophe de la canicule n'a fait qu'illustrer les manques d'une prise en charge appropriée des personnes âgées. Certains établissements ont connu 20% de décès, voire plus,  alors que dans d'autres il n'y a pas eu de surmortalité, en raison de la disponibilité du médecin gériatre, présent parfois 24 h/24, des protocoles mis en place, et d'un personnel soignant travaillant sans relâche. Ceci démontre que la prévention est efficace et que les décès ne sont pas inéluctables. En effet, des patients très fragiles ou malades ont résisté à la chaleur lorsque les moyens ont immédiatement été mis en oeuvre. La réaction fataliste, véhiculée par les médias apparaît d'autant plus choquante.

Personne n'a réagi, et ceci à tous les niveaux des structures administratives centralisées et décentralisées, alors que les professionnels de terrain donnaient l'alerte. Aucune information n'a été donnée  à la population âgée et à leurs familles pour lutter contre la chaleur. Beaucoup de services de soins à domicile étaient fermés et de médecins généralistes en vacances. Certains gériatres sont outrés par le retard de la mise en oeuvre par les directions de moyens existants (ventilateurs, climatiseurs) arrivés 48 h avant la fin de la canicule et réclamés dès le premier jour. En revanche, le SAMU social semble avoir très bien fonctionné avec des réseaux, beaucoup mieux organisés.

Linda Benattar signale le traumatisme des soignants, usés, révoltés, et surtout choqués par les conditions dans lesquelles les résidents mouraient. Ils ont vécu une véritable situation de catastrophe. Chacun d'entre nous constate que les résidents survivants sont traumatisés et  sont très éprouvés par les décès survenus dans leurs établissements.

De nombreuses questions sont soulevées : en quoi les morts anticipées correspondraient-elles à des vies vides de sens ? Que penser de l'attitude de certaines familles qui se sont totalement reposées sur l'institution, ne se déplaçant même pas lors du décès ? Faut-il tout  professionnaliser dans la prise en charge des personnes âgées dépendantes et comment recréer les liens sociaux et familiaux ? Qu'ont fait les CLIC pendant cette période ? Pourquoi les gens isolés n'ont-ils pas été repérés ? Comment sont utilisées les données des demandes d'APA au niveau des Conseils Généraux ?

Le regard péjoratif de notre société et d'une partie du corps médical sur la vieillesse apparaît dans toute sa contradiction, comme la situation des familles souvent malmenées par les médias.

 

Selon Emmanuel Hirsch, la question est de savoir ce qu'attend la société des gériatres. Qu'a-t-elle besoin d'entendre de notre part  dans une approche sensible et fine ? Il convient de s'exprimer en terme politique et non éthique,  en reconnaissant notre marginalité comme  un élément agissant pouvant faire avancer la société. Cela passe par la nécessaire reconnaissance des métiers de la gériatrie.

Qu'en est-il de la solidarité ?  Les éléments de pauvreté et d'isolement posent derrière le volontariat  des individus avec la  nécessité d'une 3ème force, soutenant un état. L'existence de la  diminution de service à la nation représente donc un affaiblissement.

 

Autant de questions qui amènent la proposition de plusieurs initiatives :

 

- la création d'un groupe de travail sur le thème de la négligence. Il est nécessaire d'éclairer les concepts et d'aider les professionnels à formuler leur ressenti pour s'inscrire dans une démarche démocratique nécessaire,

- l'élaboration d'un manifeste en 10 points pour améliorer la place et la prise en charge des personnes âgées dans notre société,

 - l'invitation au 6 ème Colloque d'éthique de Bicêtre Université Paris Sud, le vendredi 3 octobre 2003 dont le thème est " Vieillesses méconnues : interroger nos pratiques"   (informations sur : www.espace-ethique.org)  Le SNGCIDF est invité à y participer compte tenu du propos de la réunion de ce soir. Ainsi, Magali Guichardon traitera de la resocialisation  les personnes âgées.

 

Fin août, le Collège professionnel des gériatres français a lancé, une enquête auprès des 3000 gériatres sur les effets de la canicule. Une réunion de crise  des instances nationales de gériatrie, a eu lieu le 6 septembre pour faire le point sur la situation actuelle. Des représentants ont été désignés pour participer aux six groupes de travail ministériels (mécanisme d'alerte et plan d'urgence, offre et qualité de l'hébergement collectif, vie à domicile, prise en charge sanitaire des personnes âgées, gestion des ressources humaines, modalités et sources de financement). Par ailleurs,  6 ateliers ont été formés : 1-formation initiale, besoin de professeurs, d'universitaires, 2- filières intra-hospitalières, 3- coordination ville-hôpital ; médico-social, 4- place de la gériatrie à l'hôpital, 5- spécialité et titre, 6- groupe colloque du 18 septembre 2003. Il est intéressant de noter la place occupée par le médico-social.

 

2)     Informations diverses

 

- La formation du médecin coordonnateur : une expérience en janvier prochain de téléenseignement  regroupant les facultés de Paris, Grenoble, Nice, St Etienne est  prévue. Un autre projet est celui de former en 18 mois 40 médecins par région ( PACA, IDF, Corrèze) avec 140h pour la capacité et 60h pour la coordination.

 

- Des problèmes d'ordre financier sont rencontrés dans la création du site Internet francilien commun à la SGIF, au Syndicat des gériatres de l'APHP et au SNGCIDF. L'appel d'offre à une école d'ingénieur assurant également un service après-vente est en cours.

 

- Invitation à l'EPU du mercredi 15 octobre à 19 h30, à la résidence St Rémy ORPEA à St Rémy Les Chevreuse sur "La démence au quotidien"

 

-Prochaine réunion de bureau (concernant le bureau élu et les délégués départementaux) :

 

Lundi 20 octobre à 18 h30 à la Fondation de Rothschild (bureau de Serge Reingewirtz).

 

 

 

 

La prochaine réunion est prévue le lundi 20 octobre 2003 à partir de 19 heures 45

 

à la Fondation de Rothschild, entrée 80 rue de Picpus, Paris 12ème

 

Ordre du jour prévu :

 

Titre et spécialité avec la présence de François Piette

 

Médecins chargés d'expertise pour l'APA

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